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La contre culture

Le highbrow

Est considéré comme highbrow tout type d'art, peinture, littérature ou musique sophistiqué, raffiné créé pour les intellectuels. Le terme est utilisé pour la première fois en 1884. Adhérant à la théorie selon laquelle les personnes intelligentes ont un front haut,  un reporter de The Sun le popularise en 1902. Par extension il est aussi employé pour désigner les personnes riches et snobs auxquelles ces arts sont destinés.

Par opposition le lowbrow que l'on pourrait traduire par "front bas" fait référence à tout ce qui n'appartient pas au monde des beaux-arts : les BD, le cinéma, les journaux, etc. C'est souvent une culture narrative, joyeuse et colorée.

La culture de masse

La culture de masse prend naissance dans les milieux urbains du XIXe siècle avec l'industrialisation. Elle se développe grâce à l'essor des premiers journaux qui touchent le plus grand nombre. Elle englobe la presse écrite mais aussi la télévision, le cinéma, les dessins animés et tout ce qui est lié aux loisirs. Transcendant ainsi les clivages entre la bourgeoisie et les classes populaires.

Produite pour tout le monde dans le but de gagner de l'argent, elle est dépréciée par de nombreux penseurs. L'écrivain et journaliste américain Dwight Mc Donald la définit comme un mélange de culture haute et de culture narrative populaire. Il la considère comme étant dangereuse car imposée et manipulatrice. Pour le sociologue Ernest Haag elle représente un déclin. En voulant plaire à tout le monde elle perd de sa valeur. Le philosophe et compositeur allemand Theodor Adorno parle d'un art saboté. L'industrie en créant un besoin manipule les peuples. Il fait la distinction entre l'art véritable qui est analysé et la culture de masse qui est superficielle.

Le lowbrow californien et le pop art qui se développera en Angleterre puis à New Yok puiseront leurs inspirations dans ces images et objets de grande diffusion.

Le lowbrow

Après la guerre, alors que le pop art se développe sur la côte Est, le lowbrow émerge en Californie. Des tatoueurs, dessinateurs de comics, customisers de voitures souvent autodidactes s'emparent des images et objets qui les entourent pour créer des oeuvres sur tout type de support. En se réappropriant les codes de la culture de masse ces jeunes artistes redonnent un nouveau souffle à la figuration tombée un peu en désuétude au profit de l'abstraction et du minimalisme.

Nous devons le terme à Robert Williams. Né en 1942 au Nouveau-Mexique, il commence très tôt à customiser des hot rods. Plus tard, pour éviter de sombrer dans la délinquance, il s'inscrit à un court d'art à Los Angeles avant de suivre des cours au California Institute of Art. En 1965, il entre au studio de Big Daddy Garage où il crée des bandes dessinées underground. Il travaille également la peinture à l'huile dans un style psychédélique, avec des références sexuelles explicites et truffées de violence. En 1979 alors qu'un livre sur ses oeuvres va être édité il lui donne le titre The Lowbrow Art of Robt. Williams pour se démarquer du highbrow. Il est également connu pour être le fondateur de la revue Juxtapoz qui joue un rôle majeur dans la diffusion du lowbrow et plus tard du pop surréalisme.

Les peintures lowbrow sont narratives. Elles cherchent la façon la plus claire de parler au public. Elles tentent de faire du rire et du grotesque des supports de connaissance. Rôle qu'ils avaient perdu au Moyen-Âge, rejetés par l'Eglise et l'Etat les considérant comme populaires. Une autre caractéristique importante du lowbrow est la réhabilitation de la couleur. L'artiste et écrivain écossais David Batchelor nous explique dans Chronophobia que depuis l'Antiquité la culture occidentale tente d'éliminer la couleur des arts plastiques, de la littérature et de l'architecture. Il prouve pourtant qu'elle est partie intégrante de l'imaginaire. Elle trouve donc naturellement sa place dans un mouvement qui se veut en contradiction avec les beaux-arts.

Caractéristiques du lowbrow

Très coloré

Peu d'ombrages

Emerge de la culture populaire

Peinture narrative

Déformation des proportions

Trash

Humour

Backstage Johnny Expresses His Darker Ur

Backstage Johnny Expresses His Darker Urges at the Sight of a Hot Squat

Robert Williams

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